Marieke, Madeleine, Mathilde et les autres

Jacques Brel les a connues, il les a aimées, les femmes. 'Sa' femme Miche, il la connais depuis sa jeunesse et il l'a mariée jeune. Perspective mariage assez 'traditionnel' dans un pays catholique et dans un milieu assez bourgeois. Malgré le perspective a changé d'une façon brusque et drastique, jamais il a divorcé la mère de ses trois filles. Il a eu ses maîtresse, de ce que je connais de sa vie jusqu'à maintenant au moins quatre qui ont joué un rôle d'importance. Pendant son tour de chant éternel, qui l'a mené d'abord partout en France et puis partout dans le monde, il y avait des femmes qui battent pour son attention. Et malgré il se dit 'laid', elles sont nombreuses ces femmes, plus nombreuses si son succès augmente. De ce point-là, il est même le 'mâle alfa' dans ce group de musiciens très égalitaire. Et il y a même les prostituées qu'il visite au bout de la nuit avec ses amis.

Et il les a chantées, les femmes. Au moins trois d'entre eux sont devenues immortelles par ses chansons. Mais ça sont des femmes qui ont vraiment exister, et il parle de ses expériences personnelles ? Ca sont des icônes dont il rêve ? Ca sont des simples figures rhétoriques qu'il emprunte pour faire passer ses idées et son poésie ?

Commençons par Marieke... Chanson de 1961. Il chante d'un amour passé « je t'amais tant' ». Mais en fin de compte, il ne raconte pas beaucoup de cette femme, la seule chose qu'il dévoile, c'est son âge 'vingt ans'. Il y a la géographie, les tours de Bruges et Gand, mais surtout la mer et le ciel. Et il lie l'amour avec ces éléments presque 'cosmique'. L'amour pour ou de cette 'Marieke' est partie, mais l'amour quand il était là, c'est quelque chose d'universelle, et maintenant que l'amour est partie c'est comme tout le paysage perd son âme.

 Brel chante Marieke

 

C'est la seule chanson de Brel qui est bilingue. C'est une de chanson de Brel dont beaucoup d'autres artistes ont fait un 'cover'. Mais Brel est clair : ils peuvent traduire la partie française dans n'importe langue, la partie néerlandaise doit rester néerlandaise.

Handschrift Marieke

Marieke, le nom le plus commun jusqu'à cet époque en Flandre... donc symbole de 'toutes' les femmes flamandes... des femmes de Flandre qu'il a aimé, ou est-ce qu'elle existe, la Marieke de cette chanson ? Réponse la plus probable : elle n'existe pas. Quand même, il y a cette histoire qu'on trouve dans le livre de Johan Anthierens Jacques Brel, de passie en de pijn (Jacques Brel, la passion et la douleur). Johan est un ami de Brel, passioné de lui toute sa vie, aussi cassant que lui quand il peut attaquer les institutions de pouvoir et de la morale. Mais, comme journaliste du sorte dur, qui ne se jète pas pour une histoire trop facile. Il y a ce Marie-Louise V., née en 1930, un ans plus jeune que Brel, qui raconte de sa double rencontre avec Brel.

D'abord déjà avant la guerre, elle vraiment jeune fille qui reste 'enfermée' dans le jardin parental, ses frères qui peuvent découvrir le monde à leurs bicyclettes... Un jour, c'est un garçon qui est avec eux, un certaine 'Brel' ('Bril' Marieke entend d'abord, 'les lunettes'), qui stimule Marieke à 'échapper' du jardin pour faire la bicyclette, elle aussi. Il y a plus attraction que communication à cause de la langue.

Puis, c'est après des années, Jacques commence d'avoir le succès, elle est fasciné par cette chanteur (à ce moment là, elle ne fait pas l'association avec ce jeune garçon). Marieke s'est marié d'un homme qui travaille dans la commerce de ses parents. Entre eux, ils ont un mariage d'esprit ouvert (pas un mariage 'ouvert' au sens des années '68'), mais pour la commerce de son mari dans 'la Flandre profonde' beaucoup plus traditionel dans leur 'image public'. Et un jour, elle rencontre Jacques dans un bar, par hasard, après un de ces concerts. Ils commencent à parler, et ils commencent à se rencontrer. Et quand, un jour elle commence à se demander si Jacques Brel n'est pas ce 'Bril/Brel' de sa jeunesse, Jacques se souvient en effet sa partie de l'histoire. Marieke déménage à une ville de la côte Belge pour sa santé, son mari reste dans leur ville d'origine pour la commerce... Les rencontres avec Jacques se multiplient... Il y a l'intimité, mais l'intimité de taquiner et provoquer. Brel aime provoquer, mais il aime être provoqué aussi, croiser le fer. Et ça réussit bien entre eux. Dans ses conversations avec Johan Anthierens Marieke parle de quelques danses plus intimes avec Jacques, mais de rien qui va plus loin.

Foto Marie-LouiseStatue de Marieke à Bruges

Johan Anthierens n'aurait jamais publié cette histoire si il n'était pas 100 % convaincu de la sincérité de cette Marie-Louise. En même temps, c'est peu probable que cette 'Marieke' est vraiment le modèle pour la chanson, mais en tout cas, c'est une belle histoire, qui nous montre un Jacques d'une charmante simplicité, qui s'amuse d'une façon tout à fait normale avec des 'gens commun', et il est ouvert pour une amitié qui dure. Donc à gauche une 'Marieke' qui a existé, qui a connu Jacques Brel, qui avait une rélation quasi-séduisante avec lui, mais qui n' est le plus probable qu'une inspiration vague pour la chanson. Et à droite, la statue de Marieke à Bruges, comme le sculpteur Jef Claerhout (et avec lui le public (belge)?) s'imagine 'Marieke' dix ans après la mort. C'est le journaliste Johan Anthierens qui a convaincu le maire de Bruges à commander la statue.

Au suivante... Madeleine... Je crois que chaque jeune homme à sa Madeleine... la fille de ses rêves, dont il éspère tant... mais fausse espoir... mauvais moment, mauvaise place... Il y a la rêve de la femme idéale et les actes trop simple : le tram, la fritérie, le cinéma, l'imagination du jeune homme ne va pas plus loin... Et malgré la répétition de la déception de semaine en semaine, le grand rêve et les petits actes dont il se traduit reste intactes. En tout cas, Jacques Brel choisit ici de ne pas chanter d'un grand amour comblant, mais d'un moment ou un jeune homme doit se montrer le plus vulnérable... attendre sans qu'il sait le résultat. Parfois, les 'Madeleines' ne savent même pas qu'un jeune homme les attend, trop timide qu'il est pour l'annoncer. Et quand elles savent, est-ce qu'elles sont cruelles de ne pas y aller ? Parfois, mais la plus part, aussi pourellezs, mauvais moment, mauvais place... De plus que je lis le texte, de plus que je l'aime... simple, vrai, humoriste...

Brel chante Madeleine

 

Mathilde alors, histoire beaucoup plus amère si Vous me le démande. Mathilde est revenue ! L'amour de Marieke était fini, mais c'est l'occasion pour des idées d'une harmonie 'universelle' avec la nature. C'est fini, c'est triste, mais c'est fini... Ici 'Mathilde est revenue'... et l'homme ne peut pas choisir, est-ce qu'il doit être content comme un enfant, ou trembler de peur ? Et dans la dernière strophe il ne sait pas quoi choisir, l'enfer ou le ciel. Bien sûr, l'amour peut être les deux... mais en tout cas moi, je lis entre les lignes une sorte de dépendance qui est suffoquantes.... Est-ce que c'est parce que « la mère » et ses prières sont présentes comme troisième personne dans cette chanson ?

 Brel chante Mathilde

 

Et enfin de compte, est-ce qu'on est loin de 'Ne me quitte pas' ? Chanson qui mérite bien sûr une place plus large à ce site. Mais on peut lire cette chanson comme une sorte de 'marchandage d'amour'. 'Marchandage' qui commence à mon avis d'une façon très respectable, ne me quitte pas et je t'invente un monde à nous deux, avec des mots que seule nous deux pouvons comprendre... mais qui termine d'une façon humiliante... laisse moi être l'ombre de ton ombre, de ta main de ton chien... Mais c'est trop tôt pour ça... Et Brel a beaucoup d'autres choses à dire sûr l'amour...